Le partenariat avec les parents : paradoxes et inégalités
Pierre Périer
Professeur de sciences de l‘éducation, université Rennes 2-Cread

On tient pour évident aujourd’hui que les relations entre les familles et l’école constituent un enjeu déterminant de la scolarité, sinon une condition de réussite des élèves. La loi de refondation de l’école (juillet 2013) insiste sur la nécessité d’une coopération renforcée entre parents et enseignants, tout particulièrement avec les familles populaires, perçues comme plus éloignées de l’école. Pourtant, une partie seulement des parents s’inscrit dans les dispositifs mis en œuvre, et les moins présents ou les moins visibles sont ceux-là même que les enseignants aimeraient voir davantage. Comment expliquer ce paradoxe apparent et quelles sont les inégalités ainsi engendrées ?

Un bref détour par l’histoire du partenariat entre les familles et l’école montre que c’est l’institution scolaire qui, pour l’essentiel, a défini les objectifs, contenus et modalités de la relation à construire avec les parents. Si ces derniers voient leurs droits progressivement renforcés, ils sont aussi investis par ce biais de nouvelles responsabilités et d’un nouveau rôle, celui de parent d’élève. L’école impose, sur un mode largement implicite, une division du travail éd

Article paru dans le N° 520, mars 2015, « École et milieux populaires »