L’école impopulaire : les enfants pauvres sous surveillance
Laurent Ott
Philosophe social, chercheur en travail social

Rapidement stigmatisés du fait d'un comportement non conforme aux attendus de l'école, les enfants de milieu populaire se voient en outre assignés à résidence dans leur quartier, leur école, leur classe. Répression et rééducation sont leur lot, creusant encore l'écart avec les opportunités offertes aux enfants des milieux plus favorisés.

Les enfants pauvres et précaires sont, bien plus que d’autres, désignés par des défaillances ou des écarts comportementaux ou culturels. Il en est de même pour les troubles scolaires de tout genre. Dans tous les cas, le mot d’ordre reste le même : repérer le plus tôt possible l’enfant et en même temps responsabiliser les familles, c’est-à-dire faire d’eux les pierres angulaires de la gestion des problèmes. Dans cette logique, éduquer devient alors synonyme de rééduquer l’enfa

Article paru dans le N° 520, mars 2015, « École et milieux populaires »